Chergui : le vent chaud du Sahara qui fait grimper le thermomètre au Maroc

Le chergui, vent chaud et sec du Sahara, peut porter le Maroc à plus de 45°. D’où vient-il, quand souffle-t-il et comment s’en protéger ?
Le chergui est le vent chaud et sec qui souffle du Sahara vers le Maroc. Quand il se lève, le pays change de visage en quelques heures : l’air devient sec, le ciel prend parfois une teinte jaunâtre et les températures s’envolent, jusque sur la côte atlantique, d’habitude rafraîchie par l’océan. C’est lui qui a porté Agadir au record national de 50,4° en août 2023. Voici comment fonctionne ce vent bien connu des Marocains, quand il arrive et comment s’en protéger.
Qu’est-ce que le chergui ?
Le mot vient de l’arabe « charq », l’est. Le chergui est un vent d’est à sud-est qui amène vers le Maroc l’air brûlant et très sec du Sahara. C’est la version marocaine des vents de désert que l’on appelle sirocco en Algérie, en Tunisie ou en Italie.
Il se met en place lorsqu’une dépression thermique se forme au-dessus du désert : le sol surchauffé réchauffe l’air, la pression baisse, et un flux d’est s’installe sur le pays, souvent renforcé par un anticyclone placé plus au nord.
Pourquoi fait-il plus chaud sur la côte que dans le désert ?
En franchissant le Haut Atlas et l’Anti-Atlas, l’air saharien redescend ensuite vers les plaines atlantiques. En descendant, il se comprime et se réchauffe encore : c’est l’effet de foehn. La Direction générale de la météorologie (DGM) a expliqué de cette façon les records d’août 2023.
Résultat : certains jours de chergui, Agadir, Taroudant, Marrakech ou même Kénitra sont plus chauds que Zagora ou Errachidia. La brise de mer, qui protège d’habitude la côte, est repoussée vers le large par le vent d’est.
Combien de degrés en plus ?
Lors des épisodes de chergui, la DGM annonce régulièrement des températures de 5 à 10 degrés au-dessus des normales. Lors de la vague de chaleur d’août 2023, l’écart a atteint 13 degrés.
Quelques repères :
- les villes côtières comme Rabat, Kénitra ou Casablanca, dont les maximales moyennes d’août tournent autour de 27 à 30°, peuvent grimper entre 36 et 42° ;
- dans l’intérieur (Tadla, Haouz, Souss), les maximales dépassent fréquemment 44° ;
- le 11 août 2023 à 13 h 33, la station d’Agadir a relevé 50,4°, nouveau record national absolu et première fois que le Maroc dépassait 50°, selon la DGM.
Quand souffle le chergui ?
Le chergui peut apparaître à toute saison, mais il est surtout fréquent :
- de mai à septembre, quand la dépression saharienne est la plus active ;
- lors d’épisodes plus courts au printemps et en automne, qui donnent des journées anormalement chaudes et sèches, parfois en pleine saison des pluies.
Un épisode dure en général de deux à cinq jours. Il se termine souvent par un retour brutal de l’air océanique : la température chute de 10° en une journée, le vent tourne à l’ouest et des orages éclatent parfois sur l’Atlas.
Les effets du chergui au quotidien
- Air très sec : l’humidité peut descendre sous 15 %, ce qui assèche la peau, les yeux et les voies respiratoires.
- Poussière : dans le Sud, le Sud-Est et l’Oriental, il soulève sable et poussière. Sur nos pages ville, l’indice de qualité de l’air signale alors la poussière du Sahara.
- Risque d’incendie : la végétation sèche et le vent favorisent les feux de forêt, notamment dans le Rif, le Prérif et le Moyen Atlas.
- Nuits chaudes : la chaleur ne retombe pas toujours la nuit, ce qui empêche l’organisme de récupérer.
- Agriculture : quelques jours de chergui au printemps suffisent à brûler les fleurs des arbres fruitiers et à faire chuter les rendements.
Qui est le plus exposé ?
Les personnes âgées, les nourrissons, les malades chroniques (cœur, reins, diabète) et les travailleurs en plein air supportent mal la chaleur sèche. La déshydratation peut s’installer sans soif marquée, car la transpiration s’évapore immédiatement dans l’air sec. Les signes d’alerte : maux de tête, vertiges, nausées, peau chaude et sèche, confusion. En cas de doute, appelez les secours.
Nos conseils pendant un épisode de chergui
- Buvez régulièrement, même sans soif, et évitez l’effort physique entre 12 h et 17 h.
- Gardez volets et fenêtres fermés le jour, aérez tôt le matin et tard le soir.
- Surveillez les personnes âgées, les jeunes enfants et les malades chroniques de votre entourage.
- Ne laissez jamais un enfant ou un animal dans une voiture, même quelques minutes.
- Évitez tout feu en forêt ou en bordure de champ : barbecue, mégots, brûlage de déchets.
- Consultez la carte des températures et les alertes pour voir quelles régions sont les plus touchées.
Pour les vigilances officielles, référez-vous toujours aux bulletins de la Direction générale de la météorologie.
Comment savoir si le chergui arrive ?
Sur nos pages ville, trois signes ne trompent pas :
- la direction du vent passe à l’est ou au sud-est ;
- l’humidité chute nettement, souvent sous 25 % l’après-midi ;
- les maximales prévues dépassent largement la normale du mois, que nous affichons sous la prévision du jour.
Regardez aussi la météo de demain pour tout le pays, et l’image satellite : la poussière soulevée par le chergui y apparaît souvent comme un voile beige au-dessus du Sud. Pour apprendre à lire ces chiffres, lisez notre guide comment lire une prévision météo.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que le chergui ?
Le chergui est un vent d’est à sud-est, chaud et très sec, qui amène l’air du Sahara vers le Maroc. Il fait monter les températures de 5 à 10 degrés au-dessus des normales, parfois davantage.
Quand souffle le chergui au Maroc ?
Surtout de mai à septembre, mais aussi lors d’épisodes plus courts au printemps et en automne. Un épisode dure en général de deux à cinq jours.
Quelle est la température record atteinte lors d’un chergui ?
Le 11 août 2023, la station d’Agadir a relevé 50,4°, record national absolu selon la Direction générale de la météorologie, lors d’une vague de chaleur de type chergui.
Pourquoi le chergui rend-il la côte si chaude ?
Le vent d’est repousse la brise de mer, et l’air saharien se réchauffe encore en redescendant de l’Atlas vers les plaines : c’est l’effet de foehn.
Comment se protéger du chergui ?
Buvez souvent, restez à l’intérieur aux heures chaudes, fermez les volets le jour, surveillez les personnes fragiles et ne laissez jamais personne dans une voiture.

